Procédés anti-érosions

Comparatif des procédés. Analyse de Paul Ursat

Screenshot 20220906 110103 adobe acrobat

Screenshot 20220906 110150 adobe acrobatScreenshot 20220906 110228 adobe acrobatScreenshot 20220906 110302 adobe acrobat

 

Procedes 2022Procedes 2022 (698.27 Ko)

Procédés (921.69 Ko)


Les différents procédés existants et en projet:

1- les murs en enrochements – les perrés :

Parmi les procédés les plus anciens. Ouvrages poids autostables ou parois subverticales ancrées, ils constituent la plus grande part des ouvrages de trait de côte. Ils s’opposent aux éléments par leur poids selon une paroi sub-verticale ou un plan incliné réfléchissant. La réflexion des embruns  conduit souvent à un affouillement de leur assise, cause d’instabilité et ... d’érosion de la plage.

2- Les épis :

Ces ouvrages, en enrochements en général, sont  censés réduire  les courants côtiers longitudinaux, tout en permettant les transports transversaux. En pratique,  le bilan des dépôts sédimentaires est aléatoire. Si le trait de côte est globalement préservé, l’érosion des plages reste conséquente dans beaucoup de cas. De tels ouvrages modifient profondément l’aspect du littoral.

3- Les posidonies :

Les champs de posidonies modèrent les courants côtiers à l’approche du littoral. En épisodes de tempêtes,  la protection du littoral est cependant insuffisante dans de nombreux cas. Les posidonies récupérées sur les plages ou celles naturellement déposées peuvent constituer une protection   lorsqu’elles atteignent  épaisseur  plusieurs décimètres. Hors  période estivale, ces déchets sont réutilisables en  protection de plage. Inconvénient : leur stockage s’effectue souvent sur la plage elle-même. Aspect sanitaire non précisé.

4- Le rechargement périodique de plage :

Les apports périodiques de sable permettent de reconstituer des portions de plages. Ce procédé nécessite du  matériel de terrassement : transport par camions, chargeurs et niveleuses ou des équipements de pompage. Leur fréquence est liée à celle des épisodes de tempêtes. Dans le cas de pompages de sables marins les conditions optimales de granulométrie ne sont généralement pas satisfaites.

5- le PLT-Littoral (projet présenté):

Ouvrage submersible, ce nouveau procédé ne s’oppose pas aux embruns. Il  associe un rehaussement des fonds en limite aval d’estran  à une structure souple, mais structurée, composée de contenant en PE, de liens internes et de graves naturelles. Il permet  la retenue des sédiments fins selon une pente légèrement plus faible. Immergé, il ne modifie pas l’aspect visuel et l'usage du littoral tout en procurant un élargissement pérenne et significatif de plage, de l’ordre de 8 m.  Procédé souple et réversible, il nécessite une validation par un test en vraie grandeur (prévu dans la procédure proposée).

6- les "Stabiplage":

Ouvrages superficielles non structuré en matériau géocomposite (nappes ou tubes en géotextile) mise en oeuvre par injection hydraulique et disposées sur le littoral en bandes ou en boudins, en immersion ou en surface. Peuvent constituer des « géotubes » immergés.

7-les Fascines- Galivènes :

Procédé traditionnel de fixation du trait de côte par des clayonnages, des barrières en bois, des plantes,.. Cette technique est associée à la fixation d’une flore locale et à la délimitation d’espaces  protégés de toutes circulation. Hors la zone d’estran, elle contribue efficacement à la préservation des espaces naturels.  

8-les Géotubes :

Ces dispositifs immergés à distance du littoral   consistent en des enveloppes en géo synthétique  remplies de sable agissant comme brise- lames. Se présentent sous forme de  tubes  de gros diamètre (par ex. 4 m) posés sur le fond.  La lame d'eau, de l'ordre du mètre (évolutive au cours du temps), détermine la  hauteur des déferlements neutralisés. Nécessite des études approfondies de la courantologie locale. 

9-le SandSaver :  Blocs de béton présentant des orifices coniques traversants dont le grand diamètre est ouvert  côté mer. Les sédiments sont censés entrer plus facilement avec le flot qu’ils ne sortent  par les courants de retour. L’aspect et l’usage du littoral sont  impactés par ces blocs.

10-l'Ecoplage:  procédé visant,  par pompage, à réduire les pressions interstitielles en bas de l'estran, à partir de drains positionnés à 2 m. de profondeur, le long du littoral.

11- le Rebamb :

Structures composées de tiges de bambous flottantes ancrées  par 5 m de fond, destinées à  freiner  la  houle. Vidéo

Les différents procédés. Texte révisé en 2022

Identifications des procédés : 

-Les protections ou délimitations de haut de plages : merlon, ganivelles, réflecteurs,… 

-Les solutions « souples »: le rechargement simple, le Géodrain, les Posidonies, les sacs et boudins de sable émergés … 

-Le Rechargement avec Retenue, type PLT-Littoral (projet ) 

-Les solutions « dures » par Enrochements côtiers immergés et semi-immergés (épis simples et épis en T,…) et parements de digues (perrés). 

-Les solutions par ou avec barrières immergées continues (type Géotube), 

-Les récifs artificiels atténuateurs de houles (type Pégase…, Biobamb,…), qui préservent a priori l’accrétion naturelle du site. 

-Les solutions mixtes, combinant 2 procédés complémentaires : par ex. l’un au large en tant qu’Atténuateur de houle, l’autre sur l’avant-plage et la plage en tant que Rechargement (à conseiller comme combinaison pour sites sensibles exposés à la submersion),…/… 

Les principaux procédés: 

1- les enrochements – les perrés : 

Parmi les procédés les plus anciens. Ouvrages poids auto stables ou parois subverticales éventuellement ancrées : s’opposent aux éléments par leur poids. La réflexion des embruns conduit à l’affouillement de leur assise : cause d’érosion et d’instabilité. Solution dite "dure », très impactante pour le paysage marin. 

2- Les épis : 

Ces ouvrages, en enrochements en général, en boudins de géotextile depuis peu, sont censés préserver le littoral de l’érosion due aux courants côtiers, tout en permettant les transports « cross-shore ». De fait, les dépôts sédimentaires se concentrent côté vent dominant, et sont en déficit sous le vent. Si le trait de côte est 

globalement préservé, l’érosion des plages reste conséquente. =>Solution "dure", même en cas d'ouvrage déformable en géotextile. 

3- Les posidonies : 

Les herbiers de posidonies modèrent les courants côtiers à l’approche du littoral, et signalent des fonds relativement stables. Toutefois en épisodes de tempêtes, leur protection s'avère insuffisante. Hors eau, les posidonies mortes peuvent constituer une solution d’hivernage, mais présente notamment un fort désagrément, rendant la plage quasi inutilisable. 

En immersion, leur mélange avec le sable (présenté alors comme solution « mille-feuilles ») ne saurait constituer une solution . 

4- Le rechargement 

41- L Rechargement simple: 

Procédé habituel de reconstitution et d’entretien des plages: le gain de largeur améliore provisoirement l'équilibre hydrodynamique local. Solution "douce" mais non pérenne : en l'absence de dispositif de retenue des sédiments, l’érosion du talus aval est structurelle, nécessitant des rechargements périodiques. Par facilité et par économie, d’importants volumes sables sont parfois pompés en mer aggravant l'érosion côtière : une gestion raisonnée de la ressource imposera soit de réduire, soit d’interdire ces pratiques. D’où la proposition 5 : 

42- Le Rechargement avec Retenue des sédiments (type "PLT-Littoral", procédé innovant en attente de présentation) 

Conçu pour les sites de faible marnage, le dispositif PLT sécurise les apports d’entretien et de rechargement délimitées par un seuil. De hauteur modérée -par ex. de 0,6m, et positionné en immersion de l’ordre de 1,30m de profondeur en préservant une lame d'eau permanente, le seuil tient sa stabilité de ses enrochements calibrés (lests) et de ses armatures réalisant des chaînages. Particularité importante : il ne constitue pas une barrière significative vis à vis de l'accrétion naturelle, condition essentielle d’un procédé économique. 

Par ses dispositions sécurisantes : dessin en ligne brisée ; lests denses interne et externe, assise perméable, tapis anti-affouillement adaptable au cours du temps et le gain substantiel de largeur de plage qu’il procure, le dispositif PLT améliore l’équilibre hydro dynamique du littoral et permet de solutionner la plupart des cas de submersion. 

Solution "douce" et "réversible", ce procédé ne modifie pas la courantologie locale. L’apport en matériau plastique est faible : matériau non polluant de type pehd massif, récupérable et recyclable. 

Un « ouvrage de présentation » sur un linéaire de 50 m accessible aux usagers, est proposé. Une modélisation en canal à houle est prévue pour les sites complexes, notamment en cas d’association avec un procédé complémentaire, type « atténuateur de houle », dont il réduira le coût. 

Inconvénient : les conditions de m. en Oe. -pour partie en immersion -sont contraignantes et nécessite une mer calme. 

5- les barrières longitudinales (type "Géotubes"…): 

Enveloppes en géotextile de 2 à 4 m de diamètre, formant des boudins de sable disposés soit perpendiculairement au littoral (formation en épis), soit longitudinalement à la côte (barrières à 100 m, 200, voire 300 m du littoral, en grande longueur). Existent aussi en "ouvrage de retenue" de haut de plage. 

Les enveloppes, en double épaisseur, assises sur tapis parafouille de 25 m de largeur, en géotextile également, sont remplis hydrauliquement de sable, généralement pompé sur site. Elles agissent comme "brise-lames ou atténuateurs de houle", avec éventuellement avec une fonction de "butée de pied" vis à vis des sédiments rapportés si un rechargement intégral entre la berge et l’ouvrage est réalisé. Leur efficacité tend à diminuer avec le temps par augmentation progressive de la hauteur de la lame d’eau de submersion. Mise en oeuvre par plateforme depuis le large. 

Ses inconvénients : -en cas d’objectif de rechargement de plage, le procédé nécessite une "butée des sédiments rapportés" » et donc des apports en sable très importants (2 à 3x ceux d’un PLT) ,- l’effet "barrière" de ces ouvrages a comme conséquence structurelle de contrecarrer l'accrétion naturelle,- réversibilité problématique en cas de déchirure.…Enfin , en terme de pollution : apport important en fibres de polyuréthane tissé. 

=>Il s’agit là d’une solution "dure" car modifiant la courantologie et l’accrétion naturelle du site 

6-les Fascines- les Ganivelles : 

Procédé traditionnel de fixation du trait de côte par des clayonnages, des barrières en bois,… Cette technique favorise la fixation d’une flore locale et délimite efficacement les espaces à protéger des circulations piétonnes. Hors la zone d’estran, elles contribuent à la préservation des espaces naturels et sont des marqueurs efficaces => Solution « douce » . 

7-Les Récifs artificiels : sont en voie de développement . Hors leur fonction d’habitat marin, leur intérêt serait de constituer des « barrières de fortes transmissivités vis-à-vis des sables » et ainsi de ne pas bloquer l’accrétion naturel. Leur association avec un dispositif de type « Rechargement » devrait s’avérer intéressante. 

8-l'Ecoplage, le Rebamb , S-Able…: Procédés dont le développement est en pause ou en cours de suivi. 

Ajouter un commentaire

Anti-spam